Les nouveaux rapports de force à l’Assemblée nationale et au Sénat renforcent l’influence du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Après le début d’une législature ponctuée des couacs dans la collaboration interinstitutionnelle, notamment entre le président de la République et les présidents de deux Chambres du Parlement fidèles à l’ancien président Joseph Kabila, Félix Tshisekedi dispose désormais d’une cartouche essentielle (son Union sacrée de la nation) pour enclencher des réformes démocratiques attendues depuis de longues dates, notamment dans le cadre électoral, sécuritaire et de la bonne gouvernance. La session ordinaire de mars 2020 qui s’ouvre dans les deux Chambres du Parlement avec bien entendu la nouvelle majorité USN, était très attendue pour apporter une lueur d’espoir après un contexte politique morose. De nombreux Congolais considèrent l’influence grandissante du chef de l’État comme un signe d’espoir pour le processus de démocratisation du pays.
Députés et sénateurs reprennent, ce lundi 15 mars, le chemin du Palais du peuple, siège du Parlement de la RDC.
A l’Assemblée nationale, M. Joseph Lembi Libula, rapporteur de la Chambre basse du Parlement, a, par le communiqué officiel n°001/AN/RAPP/2021, invité les députés nationaux à prendre part à la séance d’ouverture de la session ordinaire de mars, ce lundi 15 mars 2021, à 10 heures dans la salle de Congrès du Palais du peuple.
S’il est encore trop tôt de citer avec exactitude la liste des matières qui seront traitées au cours de cette session, il y a lieu de retenir que cette session de mars sera éminemment politique. Outre les missions régaliennes du Parlement, à savoir voter les lois et contrôler l’action de l’exécutif, les deux Chambres du Parlement doivent engager la nation sur la voie des réformes importantes attendues par toute une nation.
D’ores et déjà, il y a un réseau d’options levées qui permettraient à la nation congolaise de corriger les ratés des cycles électoraux précédents et conformer le quatrième cycle électoral à l’échéance de 2021. Tshisekedi devra également faire passer de nouvelles mesures pour réformer les services de sécurité congolais, fragmentés et en proie à la corruption.
Réformes prioritaires
L’on se rappelle que Félix Tshisekedi a présenté lors de son accession au pouvoir un plan quinquennal mettant en exergue 13 piliers de réformes stratégiques, de la justice à l’Etat de droit en passant par la lutte anti-corruption, la professionnalisation de la fonction publique, le renforcement de l’équilibre institutionnel et des contre-pouvoirs démocratiques et la réforme du secteur de la sécurité. Des bases qui doivent être jetées pour une nouvelle société congolaise.
Hier bloqué par les tumultes tenant d’un accord de gouvernance déséquilibré avec le FCC, Félix Tshisekedi a, cette fois-ci, la voie ouverte pour démarrer finalement son programme des réformes. Et dans ce jeu, le rôle du Parlement est majeur comme centre de gravité de la politique congolaise.
Dans les coulisses, des échanges sont déjà engagés. C’est notamment la récente rencontre entre Christophe Mboso N’kodia Pwanga, président de l’Assemblée nationale, et Corneille Nangaa, président sortant la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les deux parties ont fait le point sur l’urgence d’engager des réformes du système électoral pour la réussite du processus du 4ème cycle électoral dans le délai. Et le moment a été bien choisi au moment où le débat républicain s’anime dans les différents milieux politiques sur la question des réformes.
Le Parlement devra ainsi jouer sa partition pour donner des réponses claires à toutes les interrogations qui, si elles ne sont pas bien gérées, risquent d’être à la base des frictions et des moments d’incertitudes.
La réforme peut donc s’appuyer sur un fort soutien populaire. Ce soutien devra constamment être mis à profit pour maintenir la pression politique en faveur du changement.
Le Potentiel